Je reviens sur mon article précédent, dénonçant une dépêche de Reuters prêtant à Ségolène Royal des propos qui n'étaient pas les siens. La mobilisation citoyenne sur Internet aura été rapide et importante, félicitons-nous de ce résultat.
Mais il aura fallu tout de même 24 heures pour que Reuters corrige sa dépêche. Et entre temps le mal a été fait: les sites du Nouvel Observateur, du Monde, de Challenges, du Figaro, d'Europe1, de RMC, le journal Métro, et LCI ont relayé l'information. Et surtout aucun grand média à ma connaissance n'a dénoncé cette erreur d'information. A ce sujet je salue l'article du site Arrêt sur Images, que j'avais contacté après avoir découvert la dépêche, sur ce sujet ( http://arretsurimages.net/post/2007/12/10/Quand-Reuters-invente-un-que-oui-dns-la-bouche-de-Royal ).
Mais voici la fameuse "correction":
Ségolène Royal et le rôle du PS dans la course à l'Elysée
Bien lire dans notre dépêche transmise dimanche 9 décembre une correction au 2e paragraphe, à savoir omettre entre parenthèses. Une version corrigée et actualisée suit.
Ségolène Royal est restée vague dimanche sur le rôle qu'un parti politique, en l'occurrence le PS, joue pour gagner l'élection présidentielle en France.
Interrogée sur le point de savoir si on pouvait gagner une élection présidentielle "sans avoir le parti derrière soi", l'ex-candidate socialiste à l'Elysée n'a pas répondu directement et a déclaré, sur Canal+ :
"Je pense, et l'expérience vient de le montrer, qu'il faut une très grande cohérence entre l'organisation politique, c'est aussi un travail de longue haleine (...), beaucoup de modestie, d'humilité".
"C'est comme cela que je compte m'engager", a souligné Ségolène Royal, qui n'en a pas dit plus sur ses intentions dans les prochains mois, notamment sur la question de savoir si elle briguera la succession de François Hollande à la tête du PS.
"Je m'inscris à la fois dans le Parti socialiste et aussi en dehors du Parti socialiste", a-t-elle simplement ajouté.
Alors en effet, les propos qu'on lui inventait (le fameux "(que oui)") ont été supprimés, mais sa réponse a été tronquée. Alors évidemment "Je pense, et l'expérience vient de le montrer, qu'il faut une très grande cohérence entre l'organisation politique, c'est aussi un travail de longue haleine (...), beaucoup de modestie, d'humilité" ne veut pas dire grand chose.
Mais je rappelle la réponse complète: "Je pense, c'est une très bonne question, et l'expérience vient de le montrer, qu'il faut une très bonne cohérence entre une organisation politique, il faut aussi un travail de longue haleine, il faut redevenir une force attractive pour les intellectuels, pour les experts. Il y a un potentiel d'élus de terrain exceptionnel, chez les socialistes, avec des gens qui font beaucoup de chose sur le terrain et qui a pas beaucoup de visibilité, donc il y a ce travail là aussi à faire. Il faut de l'imagination, il faut beaucoup de travail, beaucoup de modestie aussi, d'humilité, et c'est comme ça que je compte m'engager."
Alors évidemment on ne va pas toujours conserver la totalité d'un propos dans une dépêche, car cela peut faire parfois trop long. Mais le travail d'un journaliste n'est-il pas de faire des choix de manière objective ? Car ici c'est toute la substance de la réponse de Ségolène Royal qui a été purement et simplement supprimée. Car finalement sa réponse était qu'elle s'engageait à travailler à rendre le Parti Socialiste à nouveau attractif et audible.
Je rajoute que le dernier paragraphe est même inexact, car elle n'a pas ajouté ce propos par la suite, mais elle l'avait dit avant en répondant à la question précédente.
Si j'avais été un journaliste honnête, je pense que j'aurais écrit: Ségolène Royal a répondu à la question en disant qu'elle comptait s'engager à ce que le Parti Socialiste redevienne "une force attractive", et rendre visible "un potentiel d'élus de terrain exceptionnel" en le faisant avec imagination, modestie et humilité.
Mais voila, la correction de la dépêche, même si plus proche de la réalité (car en effet elle ne répond pas directement à la question), me semble encore être très discutable.
Plus que jamais, nous devons continuer à être vigilants sur l'information véhiculée par les médias, et dénoncer toute désinformation et manipulation. A suivre...
Nicolas Gaborit
Cela nous démontre une fois de plus que les media essayent de nous est manipuler.
Pour exemple, j'ai fait un petit calcul: dans le "6minutes" de M6, on parle de Sarko pendant 4 minutes!
moi, j'apelle ca de la lobotomisation...
pas étonnant que Ségolène en fasse les frais.
c'est une honte, et malheureusement ca ne date pas d'hier!
Rédigé par: Marina GABORIT | 13 déc 2007 à 22h55