Bonjour à tous,
Je reprends ce thème de la campagne de Ségolène Royal pour vous témoigner mon indignation quant à la gestion par Nicolas Sarkozy du dossier libyen.
Soyons honnêtes, les infirmières bulgares ont été libérées en partie grâce à l'intervention de notre président. Mais comme je le disais dans mon post précédent, je suis convaincu que Kadhafi n'aurait non seulement jamais fait exécuter les infirmières, mais qu'il les aurait libérées, car c'était dans son intérêt de normaliser ses relations avec les pays européens. Il n'était sans doute donc pas nécessaire de concéder d'avantage à Kadhafi. Or, Nicolas Sarkozy a réussi à "griller" ses partenaires européens en proposant une plus grosse contrepartie que cette normalisation, à savoir le dont d’une centrale nucléaire, ce qui a provoqué d'ailleurs une réaction d'indignation de la part de l'Allemagne.
Par principe, il n'y a rien de mal par principe à vouloir aider un pays à développer son énergie, d'autant plus lorsqu'il s'est engagé à respecter le protocole de non prolifération. Cependant, la Libye reste une dictature, et pire un pays dans lequel la torture est de mise, que ce soit sur ses habitants ou les ressortissants étrangers. Pour s'en persuader il suffit de lire les premiers témoignages des infirmières et du médecin palestinien. Nous devons donc nous interroger sur la pertinence de confier à ce régime l’énergie nucléaire.
Mais ce qui m’indigne réellement dans cette affaire, c’est finalement le double discours de Nicolas Sarkozy. D’un côté il n’hésite pas à être ferme avec ce qu’il appelle les « voyous », ceux qui par exemple procèdent à des violences urbaines. Mais de l’autre côté il s’affiche avec un dictateur dont le régime a procédé à la torture sur des ressortissantes de l’union européenne et lui offre même l’énergie nucléaire.
Tout comme l’ex-candidate PS de l’élection présidentielle, j'estime que nous devrions aspirer à un « ordre international juste », à savoir la fermeté vis-à-vis des régimes dictatoriaux. Peut-être aurait-il fallu être d’avantage ferme envers la Libye, sachant que Kadhafi savait quelles auraient été les conséquences sur ses relations avec l’Union Européenne en cas de non libération des infirmières bulgares.
Nicolas Gaborit