L'actualité de ce week-end est pour moi le mini traité européen qu'a réussi à imposer le président Sarkozy à nos partenaires européens.
Alors on pourrait pavoiser sur la réussite de notre président, qui a réussi, par la force de son volontarisme, à l'opposé de notre précédent président dont la fin de règne s'est faite dans l'immobilisme. Certes la personnalité volontariste de Sarkozy y est pour quelque chose, même si rien que le fait que la tête de l'exécutif ait changé (les partenaires européens ne voulaient plus discuter avec Chirac) y a participé en partie. Mais c'est un fait, la France est revenue au devant de la scène européenne et c'est une bonne chose.
Mais regardons maintenant le fond. Je ne reviendrai pas sur les régressions (l'Angleterre n'est plus par exemple assujettie à la chartes des droits fondamentaux) ou le manque d'ambition (pourquoi ne pas avoir négocié un mécanisme de défense contre les délocalisations). Il y a un élément qui me gêne réellement:
La réforme de la majorité, passant d'une unanimité à une double majorité qualifiée, a été reportée de 2009 à 2014 !
C'est le fruit des concessions qui ont été faites à la Pologne. Sarkozy voulait son accord, et a ainsi du concéder beaucoup sur ce point fondamental. En effet, ce qui bloque la construction européenne, depuis que nous sommes plus nombreux, c'est justement cette majorité devant être unanime pour pouvoir voter les réformes. Il me semble que c'était ce blocage là qui avait poussé le candidat Sarkozy à proposer au plus vite un mini traité si il était élu.
Mais voila, à force de vouloir absolument avoir un accord rapidement, l'Europe vient d'accoucher de 5 années d'immobilisme supplémentaires.
C'est le résultat de la méthode Sarkozy, qui ne joue que sur des coups médiatiques et effets d'annonces, qui ont un effet négatif sur le résultat (je rappelle que ce n'est pas nouveau: certaines de ses interventions médiatiques lorsqu'il était ministre de l'intérieur avaient perturbé les enquêtes policières en cours).
Que fallait-il faire ? J'aurais pris le temps de mener des négociations plus longues (et donc plus sérieuses), afin d'avoir dès 2009 un réel déblocage des institutions. Nous avions le temps de le faire, mais Sarkozy a préféré le faire dans la précipitation. J'aurais également proposé dans la négociation d'avantage de protection des citoyens, notamment contre les délocalisations, pour répondre aux craintes de ceux qui ont voté non au référendum... finalement leur voix n'aura pas vraiment été entendue...
Nicolas Gaborit