Telles sont les paroles de Jean Jaurès…
Le président de la république a décidé de lancer un grand débat sur l’identité nationale. Si nous pouvons nous interroger sur sa motivation à le réaliser juste avant les régionales, ces mots de Jean Jaurès doivent nous rappeler que la gauche doit se saisir de se débat, pour donner sa définition de l’identité nationale, en opposition à celle que défendra la droite. Le piège serait de laisser ce débat dans les mains de la droite.
L’identité nationale c’est d’abord le triptyque “Liberté Egalité Fraternité”, trois valeurs mises à mal par la politique gouvernementale actuelle :
· Mise à mal de la liberté, quand on observe que la liberté de la presse régresse dans notre pays (
· Mise à mal de l’égalité, avec les cadeaux fiscaux faits aux plus riches, ainsi que la création d’une multitude d’impôts indirects qui touchent davantage les classes défavorisées et moyennes.
· Enfin, mise à mal de la fraternité, avec une politique destinée à dresser les uns contre les autres (les fonctionnaires contre les travailleurs du privé, les chômeurs contre les travailleurs, les Français contre les immigrés, …) plutôt que de vouloir construire les uns avec les autres.
Ensuite l’immigration… en opposition de la vision de la droite, insinuant qu’elle pourrait être une menace à l’identité nationale, défendons l’idée d’une France métissée qu’a portée Ségolène Royal lors de la présidentielle de 2007, qui au contraire affirme que l’immigration est une source d’enrichissement culturel ; cet enrichissement devant se faire dans le cadre d’une laïcité républicaine, permettant l’expression libre de chaque religion dans le respect des autres.
Puis la langue… citée par les Français comme premier élément de l’identité nationale. Oui la langue doit être un ciment commun, dans le but d’échanger et ainsi de faciliter le vivre ensemble. Et cela impose de mettre en avant l’éducation, afin de réduire les inégalités devant la maîtrise de cette langue. Ce qui nous donne la mission d’accompagner au mieux les nouveaux immigrés, mais certainement pas une sélection préalable sur la connaissance du Français comme veut l’imposer le gouvernement.
Et
Enfin, notre conception de l’identité nationale ne s’oppose pas à l’internationalisme, elle y contribue ! Ainsi par exemple, la déclaration des droits de l’homme est-elle devenue universelle. Et c’est encore Jaurès qui affirmait que “c’est dans les nations indépendantes que l’internationale a ses organes les plus puissants et les plus nobles”.
Ainsi, après s'être saisie de ce débat pendant la présidentielle, Ségolène Royal a raison de demander à la gauche d’y participer et de ne pas le craindre, dans le but de se réapproprier un sujet trop longtemps resté dans le giron de la droite.
Participons à cette reconquête de valeurs qui sont, comme nous le rappelle Jean Jaurès, les nôtres !
Nicolas Gaborit