06 mai 2008

Un an

Cela fait maintenant un an que Nicolas Sarkozy a été élu président de la république. Il est temps de faire un petit bilan.
 
Tout d’abord, rappelons nous que nous avions il y a un an le choix entre deux candidats, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Cette dernière avait été beaucoup critiquée sur certains points. Mais qu’en est-il aujourd’hui de Nicolas Sarkozy comme président ? Morceaux choisis.


On nous avait dit que Ségolène Royal remettait en cause la laïcité
quand elle citait des citations de la Bible dans ses discours. Mais c’est Nicolas Sarkozy qui a remis en cause la laïcité en affirmant dans son discours de Latran que le prêtre ou le pasteur était plus qualifié pour transmettre les valeurs que professeur.

On nous avait dit qu’un président devait garder son calme, quand Ségolène Royal avait exprimé sa colère lors du débat présidentiel. Mais c’est Nicolas Sarkozy qui a perdu son calme à plusieurs reprises, en invitant un martin-pêcheur à venir s’expliquer et en répondant « Casse-toi pauv’ con » à quelqu’un qui avait refusé de lui serrer à la main au salon de l’agriculture.

Quand on disait qu’avec Ségolène Royal ce serait l’improvisation permanente, et on nous avait présenté Nicolas Sarkozy comme au contraire quelqu’un de sérieux, préparé et d’organisé, qui avait préparé son projet de longue date, et qui saurait dans quelle direction aller. Mais c’est Nicolas Sarkozy qui improvise : il suffit de voir l’annulation par le conseil constitutionnel du crédit d’impôt sur les intérêts des emprunts immobiliers pour ceux qui ont achetés leur logement avant le 6 Mai 2007, les deux lois consécutives sur les RTT qui se contredisent, le retard et le recadrage du plan sur les banlieues, les annonces du gouvernement démenties le jour même (par exemple la suppression de la carte familiale pour la SNCF), et finalement une impression générale que le président et son gouvernement ne savent pas où ils vont.

On nous avait dit qu’avec Ségolène Royal la politique serait people, que son programme était Voici et Gala. Mais c’est Nicolas Sarkozy, président bling-bling, qui fait les couvertures des journaux people, étalant sa vie privée à tout va.

Ou nous avait présenté un Parti Socialiste divisé, qui serait alors incapable de gouverner de façon unifiée, alors que l’UMP était derrière un seul homme, en ordre de bataille pour gérer la France. Mais c’est dans la majorité de Nicolas Sarkozy que nous avons observé une succession de couacs et de psychodrames : les rapports difficiles entre Fadela Amara et les députés UMP, le psychodrame de Neuilly fief de Nicolas Sarkozy, l’affaire entre Nathalie Kosciusko-Morizet et son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo et les députés UMP (qu’elle a traités de lâches), la rivalité entre Xavier Bertrand et François Fillon, et les mauvaises relations entre ce dernier et Nicolas Sarkozy.

 Mais plus grave que ça, c’est la politique effectuée qui est à la fois injuste et inefficace. Je vais revenir sur les différentes mesures.

Parlons de la principale mesure, à savoir le paquet fiscal : Il est vrai qu’il n’est pas juste de dire que la totalité de ces cadeaux fiscaux (environ 13 Milliards d’Euro) concerne des réductions d’impôts pour les plus riches. Il y a en effet plusieurs éléments dans ce paquet fiscal. Voici les plus importants :

  • Le crédit d’impôt sur les emprunts immobiliers (3,7 milliards d’Euro) : en dehors du fait que ceux qui avaient acheté leur logement avant le 6 mai 2007 n’en ont pas profité, j’estime que cette mesure aura un effet négatif. Si cela pousse d’avantage de Français à devenir propriétaires, avec la loi de l’offre et la demande, les prix ainsi que les taux d’intérêt augmentent, et tout le bénéfice du crédit d’impôt est alors annulé. Les grands gagnants sont finalement les banques. J’aurais plutôt préféré des prêts à taux zéro, et avoir une réflexion sur le prix des logements afin de concevoir tous les outils possibles pour le faire baisser.
  • La réduction de droits de successions (2,2 milliards d’Euro) : cela concerne les personnes aisées, étant donné que les successions des Français de la classe moyenne étaient déjà exemptées de droits. Ces personnes en avaient-elles besoin, étant donné que ce sont les plus fragiles qui sont le plus touchés par la crise du pouvoir d’achat ?
  • Le bouclier fiscal à 50% (600 millions d’Euro) : ce sont là encore les personnes à plus haut revenus qui en sont les bénéficiaires. Encore une fois, en avaient-il réellement besoin ? Enfin cette mesure avait été justifiée pour faire revenir les grandes fortunes parties en exode fiscal, et de créer un choc de croissance. Je remarque que personne n’est revenu, et que le choc de croissance n’a pas eu lieu.
  • La détaxation des heures supplémentaires (6 milliards d’Euro) : elles font en effet parti du paquet fiscal. En dehors du fait qu’elles ne profitent qu’à une partie de la population (ceux qui peuvent demander des heures supplémentaires, étant donné que c’est l’employeur qui les impose), on peut fortement se questionner sur leur efficacité : déjà le dispositif a été qualifié d’usine à gaz de la part de nombres de chefs d’entreprise, mais un rapport de la commission des finances de l’Assemblée Nationale (http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/la-commission-des-finances-remet-en-cause-les-exonerations-d-heures-supplementaires_150455.html) a jugé cette mesure inefficace (pas d’augmentation du nombre d’heures supplémentaires, et pas de gain substantiel de pouvoir d’achat compte tenu du coût de la mesure). N’oublions pas que cette mesure est également injuste, cette détaxation ne profitant pas aux revenus non imposables, c'est-à-dire les plus modestes.

Ainsi, le paquet fiscal est tout aussi injuste qu’inefficace, ne profitant pas aux plus modestes, et n’ayant pas conduit à l’objectif fixé de lutter contre la baisse du pouvoir d’achat et de créer un choc de croissance.

Je rajouterai la politique d’immigration qui consiste d’avantage à reconduire à la frontière les immigrés en situation irrégulière que d’aider à l’intégration des étrangers, la politique internationale qui a vu le candidat des droits de l’homme devenir le président de la realpolitik, les réductions de postes dans l’administration publique qui sont présentées comme la seule solution à la réduction des dépenses de l’Etat alors qu’elle vont provoquer une pénurie de services publics, les franchises médicales qui consistent à faire payer par des malades les frais d’autres malades,  la seule mesure efficace pour le pouvoir d’achat qu’aura été l’augmentation du salaire du président (un peu plus de 200% rappelons-le), le financement du Revenu de Solidarité Active pas des travailleurs un petit peu moins pauvres (pourquoi ne pas mettre à contribution les stock options ?).

Voila beaucoup de raisons d’être déçus de la première année de présidence Sarkozy. J'en rajouterai une dernière, qui reflète pour moi une autre différence entre le Sarkozy candidat et le Sarkozy président.

Le candidat avait réussi à faire croire que voter pour lui suffirait pour faire bouger les choses, qu'avec sa seule volonté il réussirait à régler tous les problèmes des Français. Mais voila qu'une fois élu le vrai Sarkozy s'est montré au grand jour, à savoir quelqu'un attiré par l'argent et les privilèges liés à une fonction de haut rang, se préoccupant davantage de lui que des autres, et finalement, et  c'est peut-être ça qui est à l'origine du désaveu de tant de Français qui avaient cru en lui et qui se sentent aujourd'hui trahis, un président aussi impuissant comme son prédécesseur, ayant abandonné ses promesses de campagne au profit d'une réalité qu'il ne croit pas pouvoir dépasser.

Nicolas Gaborit

07 mar 2008

Pourquoi voter à gauche pour les élections du 9 et 16 mars ?

Ce message s’adresse à tous les électeurs, qu’ils soient d’une sensibilité ou d’une autre. Je vais tenter de vous donner une bonne raison objective de voter à gauche dès dimanche prochain.

 

Election locale ou nationale ? Les deux !

 

La première préoccupation des Français est devenue, à juste titre, le pouvoir d’achat. Alors que nous avions un candidat qui avait exprimé lors de la campagne qu’il deviendrait le président de l’augmentation du pouvoir d’achat, nous avons finalement eu l’augmentation du pouvoir d’achat du président, qui ensuite a montré toute son impuissance en affirmant que les caisses étaient vides. Or le pouvoir d’achat commence avec le logement, principale charge des Français ! Or quelles collectivités s’occupent des politiques de logement, si ce ne sont les villes et les départements ? Ainsi, vous pouvez, par des solutions locales, vous attaquer à un problème national.

Alors pourquoi voter à gauche ? Tout simplement parce que la politique de gauche consiste à construire des logements bas marché, quand une politique de droite viendra à faire tout le contraire, dans le but de chasser les gens modestes, afin de peupler leurs villes d’électeurs aisés, électeurs fidèles pour les maires de droite. Donc voila, voter à gauche aux élections municipales et cantonales, c’est vous assurer que vous aurez des maires et des conseillers généraux au service de la défense de votre pouvoir d’achat, quand le pouvoir national est impuissant.

 

L’exemple de Boulogne-Billancourt

 

Boulogne-Billancourt est un exemple frappant de cette politique du logement qui tire sans cesse le coût du logement vers le haut : 11% seulement de logement social, nouveaux logements construits élitistes,… Il est inacceptable que des Boulonnais de longue date qui ont travaillé toute leur vie soient obligés de quitter leur ville qu’ils aiment parce que se loger devient trop cher.

 

Mais l’exemple de Boulogne-Billancourt est particulier. En effet, on nous présente l’élection comme un duel entre Jean-Pierre Fourcade et Pierre-Christophe Baguet, tous les deux à droite. Qui sont-ils ?

 

Pierre-Christophe Baguet, c’est un peu notre Sarkozy à nous : quand en France a Sarkozy présent partout, à Boulogne on a Baguet présent partout (son nom est partout, même sur les tracts et affiches concernant les élections cantonales!). Et quand Sarkozy promettait tout et n’importe quoi, Baguet nous propose un programme avec tout et n’importe quoi (un projet pour l’île Seguin où la ville se désengagerait de tous les projets pour lesquels elle s’est engagée, l’enterrement de l’avenue du Général Leclerc techniquement irréaliste car il faudrait creuser trop profondément, etc…). Et nous sort à nouveau le thème de la rupture, en expliquant que tout ce qui a été fait à Boulogne-Billancourt a été catastrophique. Mais qui est aux manettes de la ville et du département depuis plus de 20 ans, si ce n’est justement Pierre-Christophe Baguet ? La logique de rupture devient alors carrément grotesque lorsque la candidate « Baguet » du canton Sud, Marie-Laure Godin, se demande si le conseil général a vraiment bien œuvré pour le quartier (voir la vidéo), alors que Baguet est lui-même vice-président du conseil général, élu à Boulogne ! Tout ceci n’est pas sérieux.

 

Jean-Pierre Fourcade, c’est un peu notre Chirac à nous : certes plus sympathique que Baguet, mais un peu usé, je ne parle pas de son âge, mais de sa politique, sans imagination, et pire, sans résultats, lorsque l’on voit le tas de ruines qu’est actuellement l’île Seguin, et le départ de Pineau du projet. Il est finalement le symbole d’une mauvaise gestion de la ville, s’enfonçant dans l’endettement (alors qu’il avait promis de remettre les finances à flots !) et  le manque d’ambition.

 

Mais ne nous y trompons pas : que ce soit Pierre-Christophe Baguet ou Jean-Pierre Fourcade, ce sera la même politique de droite qui sera menée dans notre ville, celle qui vise a réduire le pouvoir d’achat des Boulonnais par une politique de logement élitiste.

 

Et n’oublions pas que :

  • Ils ont tous les deux, dès le début, soutenu la candidature de Sarkozy aux présidentielles.
  • Ils ont tous les deux voté toutes les lois du gouvernement Sarkozy (franchises médicales, bouclier fiscal,…).
  • Ils sont tous les deux parlementaires, Baguet à l’Assemblée Nationale et Fourcade au Sénat, et seront donc des cumulards si l’un ou l’autre est élu maire.

 

Donc votre seul recours à Boulogne-Billancourt ne peut être que de voter DES LE PREMIER TOUR pour les candidats d’union de la gauche et des verts, c'est-à-dire :

- La liste « Une ville à vivre, une ville d’avenir » conduite par Marie-Hélène Vouette, sur laquelle j’ai décidé de me présenter.

- Pierre Gaborit dans le canton Sud.

- Sébastien Scognamiglio dans le canton Nord-Est.

 

Nicolas Gaborit

24 fév 2008

Leçons de morale

Nicolas Sarkozy veut restaurer l'apprentissage de la morale à l'école. C'est certes une bonne chose que les enfants apprennent les valeurs républicaines, et je rajouterais que c'est déjà fait en grande partie. Mais cela reste louable de vouloir continuer dans cette direction.

Mais voila, lui-même, en tant que président ne donne pas l'exemple, bien au contraire. Voici une série de vidéos que les jeunes regardent beaucoup en ce moment:


Il avait déjà fait rire nos amis Belges lors du G8:


Sarkozy ivre au G8


Il avait perdu son sang froid, en invitant un pêcheur à descendre pour s'expliquer avec lui:


Sarko perd son sang-froid : l'intégrale


Lors de la signature d'un contrat en Roumanie, il avait montré son goût pour un stylo de façon tellement prononcée qu'il l'avait finalement embarqué:


Sarkozy et le stylo


Il avait envoyé un SMS en pleine signature de contrats internationaux:


Sarko écrit un texto


Voila maintenant qu'il lance un "Casse-toi, casse-toi alors pauvre con va..." à une personne qui ne veut pas lui serrer la main lors du salon de l'agriculture:


SARKO S'ÉNERVE...


Alors voila, comment expliquer aux jeunes qu'ils doivent avoir du respect, en se tenant bien, en n'insultant pas les autres, en n'utilisant pas leur portable en classe, si le président de la république fait tout le contraire ? Ce comportement présidentiel indigne met à mal le travail quotidien des enseignants, des éducateurs et des parents, qui veulent donner une éducation de respect aux enfants.

Il est grand temps que Nicolas Sarkozy fasse preuve de respect lui-même, vis à vis de sa propre fonction, avant de donner des leçons aux autres.

Nicolas Gaborit

11 jan 2008

Du vent

En difficulté dans les sondages, Nicolas Sarkozy tente de rebondir en faisant des nouvelles propositions devant la presse. Certaines, comme je l'ai dénoncé ( http://nicolasgaborit.typepad.com/blog/2008/01/menteur-multirc.html ), représentent une belle preuve de mensonge de notre président (par rapport à ses discours de campagne ou d'autres propos plus récents). Mais voila ce que d'autres propositions ne sont finalement que DU VENT, car elles sont déjà appliquées. Quelques exemples:

Le 3 Janvier dernier, Nicolas Sarkozy a demandé un "calendrier" pour la mise en place de "sanctions" à l'encontre des demandeurs d'emploi qui refuseraient "deux offres acceptables". Voici une annonce qui se veut populiste, stigmatisant les chômeurs qui profiteraient de l'assistanat, et montrant sa volonté d'action dans le domaine. Non seulement le système des sanction existe depuis 2005 ( http://www.ac.eu.org/spip.php?article1595 ), mais les sanctions ont même triplé entre 2005 et 2006 ( http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=2943 )!

Nicolas Sarkozy a dit, lors de sa conférence de presse du 8 Janvier dernier, vouloir compléter le préambule de la constitution, notamment "pour garantir l'égalité de l'homme et de la femme". C'est évidemment une bonne chose, et cette proposition a recueilli l'aval d'une très grande majorité des Français. Mais l'égalité entre l'homme et la femme est déjà inscrite dans le préambule de la Constitution de 1946, partie intégrante de celle la constitution actuelle ( http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/p1946.htm - "La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme").

Enfin rappelons la loi sur le rachat des RTT avec une majoration des RTT à 10%, alors que la précédente loi votée l'été dernier permet déjà la même chose avec une majoration de 25%.

Alors voila: ou bien Nicolas Sarkozy est totalement incompétent et ne connaît pas ses dossier, ou bien il essaie de cacher son inaction et son manque de résultats en faisant croire aux Français qu'il avance toujours, meublant son discours de propositions populaires qui sont pourtant déjà appliquées! Nous n'avons pas un président, mais un vulgaire vendeur de cravates !

Nicolas Gaborit

08 jan 2008

Menteur multirécidiviste

Nicolas Sarkozy a donc tenu ce matin sa première grande conférence de presse en tant que président. Un véritable « Sarko show » sur la forme qu’il faut maintenant décortiquer sur le fond. Extraits.

« Le Grenelle de l'environnement ce n'est pas une opération de communication. Il sera scrupuleusement respecté. »

Pourtant c’est le cas actuellement, et la déception des ONG est de plus en plus forte ( http://actualite.aol.fr/sciences/le-grenelle-deux-mois-apres-la-deception-pointe-chez-les-ong/1870925/p-article_cat/article_titre/article_id/article.html ). Des décisions récentes comme la construction d’autoroutes ou l’appel au développement du transport aérien à bas coup vont même contre le grenelle.

« C'est à l'école que se construit la société et la civilisation de demain »

J’aimerais bien croire en sa sincérité, mais c’est le même Sarkozy qui avait affirmé dans son discours de Latran : «dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et la charisme d’un engagement porté par l’espérance».

« Il faut réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaîne publiques. »

L’idée peut paraître au premier abord séduisante, afin d’avoir une télévision publique de qualité face aux télévisions privées. Mais qui en seraient vraiment les bénéficiaires ? Et bien les chaînes privées justement : suite à cette annonce, les actions de TF1 et de M6 ont fortement augmenté ( http://www.challenges.fr/20080108.CHA5739/tf1_et_m6_flambent_en_bourse.html ). Je rappellerai que Martin Bouygues, propriétaire de TF1, est le parrain d’un fils de Sarkozy.
Mise à jour (10/01/2008 13h00): Nicolas Sarkozy avait pendant la campagne laissé entendre qu'il pourrait autoriser les chaînes publiques à diffuser davantage de publicité, en dénonçant leur "sous-financement": "Arrêtons l'hypocrisie, soit on interdit l'accès aux ressources publicitaires et dans ce cas-là, on a une vraie spécificité, soit on autorise l'accès aux ressources publicitaires, et on laisse les chaînes publiques se battre à armes égales" ( http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20070405.OBS0737/nicolas_sarkozy_proposeun_contrat_de_confiance.html ). Encore un mensonge pendant la campagne...

« Le capitalisme financier a besoin d'être moralisé. »

N’est-ce pas le même Sarkozy qui a affirmé qu’il fallait dépénaliser le droit des affaires ? N’est-ce pas le même Sarkozy qui a fêté son élection avec les plus grands patrons de France, et qui se fait inviter en vacances par les grandes fortunes issues de ce capitalisme financier ?

« Vous me proposez de ne pas féliciter quelqu’un qui a été élu de manière indiscutable? Mais on ne peut pas le critiquer d’avoir été élu, mais seulement lui reprocher ce qu’il fait de son élection. »

Le président parle de Vladimir Poutine. Je rappellerai trois choses. Tout d’abord en 2006, suite à sa poignée de main controversée avec le président Bush, le candidat Sarkozy avait affirmé « mais moi, je ne serre pas la main de Vladimir Poutine ». Ensuite, ce n’était pas une élection présidentielle mais une élection législative, et ce n’est pas donc pas Poutine qui a été élu, mais des députés de son parti. Enfin il parle d’élection indiscutable, alors que nombre de dirigeants occidentaux ont émis des réserves, Bush y compris ! Sarkozy aura été le seul dirigeant de l’Union Européenne à saluer cette élection.

Souhaitez-vous que 2008 soit la fin, au moins réelle, des 35 heures ? « Pour dire les choses comme je le pense, oui. »

Je rappellerai que Nicolas Sarkozy avait affirmé lors du débat avec Ségolène Royal qu’il ne supprimerait pas les 35 heures. Et il avait affirmé le 29 novembre dernier : « La question pour moi n'est pas de supprimer les 35 heures, mais d'arriver au plein emploi, je ne veux pas revenir sur un acquis social. » Sarkozy nous a donc menti sur les 35 heures en 2007 !

« Auriez-vous préféré que je voyage aux frais des contribuables ? (...) Quant à voyager sur un avion de ligne, comment voulez-vous assurer la sécurité du Président dans un charter pour Charm-El-Sheikh ? »

Le président parle de ses vacances en Egypte, lors desquelles il a pu utiliser à titre gratuit le jet privé de l’homme d’affaire Bolloré. Et bien j’aurais préféré qu’il voyage à ses frais, c'est-à-dire grâce à l’augmentation de salaire qu’il s’est accordée. Quant à sa justification de ne pas voyager sur un avion de ligne, je rappellerai qu’il avait justement pris un vol régulier pour se rendre en vacances aux Etats-Unis cet été ( http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20070803.OBS9194/nicolas_sarkozy_passeses_vacances_aux_etatsunis.html
). Ne pouvait-il donc pas faire la même chose pour l’Egypte ? Cette justification est donc grotesque.

« Trouvez-moi la phrase où j'ai dit ou écrit que François Fillon était mon collaborateur. »

Et bien il l’avait bien dit dans Sud Ouest le 22 août 2007 ( http://www.liberation.fr/actualite/politiques/302421.FR.php ): «Le Premier ministre est un collaborateur. Le patron, c’est moi».

Ainsi les mensonges répétés du président Sarkozy, ses justifications injustifiables, et le décalage entre son discours et les actes sont de plus en plus prononcés et intolérables. Il apparaît donc comme un menteur multirécidiviste. Quelles sanctions existent contre cette récidive ? Quand on parle d’évaluer les ministres, il faudrait également évaluer le président lui-même.

Nicolas Gaborit

07 jan 2008

Travailler plus pour gagner moins

Rappelez-vous, le slogan du candidat Sarkozy était « travailler plus pour gagner plus ». Qu’en est-il de la réalité ?

Tout d’abord a été votée en juillet 2007 dans le paquet fiscal la fameuse loi TEPA (Travail, Emploi et Pouvoir d’Achat), permettant de défiscaliser les heures supplémentaires et de les majorer toutes de 25%. Je considère normal que les heures supplémentaires soient majorées, mais que les défiscaliser coûte cher à l’Etat et n’encourage pas l’embauche. De plus la complexité de la loi, qualifiée par des chefs d’entreprise d’usine à gaz, n’en encouage pas l'applcation.

Donc apparemment cela n’a pas suffi, étant donné que par la suite le président a proposé d’autres mesures. Ainsi une nouvelle loi sur le rachat des RTT a été votée. Les salariés pourront donc faire racheter leurs RTT avec une majoration de 10%, mais uniquement si leur employeur le veut bien. Voici donc, comme je l’avais dénoncé, un recul, vu que la première loi permettait de racheter ces mêmes RTT avec une majoration de 25% !

Mais voila que ce qu’ils veulent vraiment faire a été dévoilé ! La suppression de la durée légale du travail. En effet, François Fillon a évoqué l’idée que chaque entreprise puisse, par accord majoritaire, décider de la durée du travail de ses employés, ce qui changerait le seuil des heures supplémentaires. Voila donc un nouveau recul, vu que les heures travaillées en plus ne seront plus majorées !

Alors voila, nous y sommes dans la réalité, nous allons devoir travailler plus pour gagner moins !

Devoir ? Parce que l’idée d’accord majoritaire est une tromperie : je ne pense pas que les salariés auront vraiment le choix quand on leur proposera de travailler plus, par exemple, sous la menace d’une délocalisation en cas de refus.

Pour gagner moins ? Car sortons de l’hypocrisie : croyez-vous vraiment que des augmentations de salaires seront possibles après ce réajustement ? Non, il n’y aura pas d’augmentation de salaire possible, si le fait de travailler plus est un argument avancé pour justement gagner du pouvoir d'achat, ou pire pour éviter les délocalisations.

Alors que faire ? Car soyons pragmatiques, la mondialisation, tirant le coût du travail vers le bas, est en effet un soucis pour nos entreprises. Mais au lieu de nous tirer aussi nous-mêmes vers le bas, nous devrions plutôt ériger des normes sociales et écologiques, afin que tout produit commercialisé chez nous soit surtaxé si sa fabrication ne les respecte pas. En même temps nous devons faire un effort en priorité sur les salaires modestes, car ce sont eux qui souffrent en premier de la baisse du pouvoir d'achat. Enfin nous devrons nous poser la question de la répartition de la fiscalité, afin de rétablir cet équilibre nécessaire des fruits de la croissance, qui dérivent malheuresement de plus en plus du travail vers le capital.

Nicolas Gaborit

Mise à jour 1 (Mardi 8 janvier 2008 - 13h15): Le président Sarkozy vient lui-même de le confirmer lors de sa conférence de presse: à la question "Souhaitez-vous que 2008 soit la fin, au moins réelle, des 35 heures ?", il a répondu "Pour dire les choses comme je le pense, oui." Il ne cache donc plus cette réalité, en revenant sur ses propos de campagne et sur ce qu'il avait dit le 29 Novembre dernier: "La question pour moi n'est pas de supprimer les 35 heures, mais d'arriver au plein emploi, je ne veux pas revenir sur un acquis social." Voila les choses sont dites, et Sarkozy vient également de nous prouver qu'il nous a menti en 2007 sur les 35 heures...

02 jan 2008

Mes meilleurs voeux

En ce début 2008, je voulais vous souhaiter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année.

2007 n’aura pas été la meilleure des années. Je la qualifierais d’année des égoïsmes et des affrontements : En France travailleurs contre chômeurs, usagers contre cheminots, salariés du privé contre fonctionnaires, Français de souche contre immigrés, socialistes contre socialistes. Dans le monde occidentaux contre islamistes, Israéliens contre Palestiniens, Europe contre Chine, …
L’élection de Nicolas Sarkozy est à l’image de cette année : alors qu’il avait été élu avec le slogan « Ensemble tout est possible », il n’a fait que renforcer les inégalités et les égoïsmes.
Tout d’abord, sa première mesure, la plus urgente donc, aura été le bouclier fiscal, pour rendre les plus aisés encore plus aisés. Ensuite il aura réussi à opposer les Français entre eux en voulant à tout prix réformer les régimes spéciaux, alors qu’il aurait été plus juste de remettre à plat dans son intégralité le système des retraites. Enfin, après s’être augmenté son salaire de plus de 200%, il aura répondu aux Français que si ils voulaient d’avantage de pouvoir d’achat ils n’avaient qu’à demander à leurs patrons si ils acceptaient d’acheter leurs acquis sociaux, en oubliant les plus défavorisés dont les revenus auront été « revalorisés » à un niveau inférieur à l’inflation.

Nicolas Sarkozy veut pour 2008 une nouvelle politique de civilisation, mais comment pourrait-on lui faire confiance lorsqu’il annonce le contraire de ce qu’il fait ? Comment ose-t-il parler de moralisation du capitalisme financier quand il veut dépénaliser le droit des affaires ? Comment ose-t-il adresser ses encouragements aux plus démunis alors qu’il a augmenté leurs revenus de façon dérisoire (1,6% pour le RMI, 1,1% pour les adultes handicapés et 1,1% pour les petites retraites), quand il s’est augmenté lui-même de 206% ? Comment veut-il être irréprochable et représenter tous les Français quand, malgré son augmentation de salaire, il se fait payer une partie de ses vacances par un homme d’affaire, propriétaire de presse, et qui a des contrats avec l’Etat ? Non, nous ne pouvons pas lui faire confiance !

Mais nous ne devons pas perdre espoir.

Je souhaite que 2008 soit l’année de la fraternité et du tous ensemble. Les enjeux dans notre pays et dans notre planète sont trop importants pour que nous continuions à agir égoïstement les uns contre les autres. Les riches, au lieu de vouloir à tout prix être davantage riches, devraient être reconnaissants envers la société d’avoir acquis cette richesse et en retour aider ceux qui n’ont pas eu cette chance à l’avoir. Les dirigeants des pays en conflit devraient s’assoire autour d’une table et discuter, car le dialogue vers la paix est toujours la solution la plus sage. Nous devrions considérer les différentes religions comme un enrichissement et non comme source de conflit. Nous devrions enfin, au lieu d’accepter une mondialisation réalisée dans des conditions humaines déplorables parfois proches de l’esclavage, ériger des normes sociales et écologiques, afin que cette mondialisation profite à tous.

Voila, pour terminer, j’ai une pensée toute particulière pour tous ceux qui ont souffert en 2007, en leur souhaitant que 2008 leur apporte bonheur et réconfort.

Nicolas Gaborit

17 déc 2007

Quand le gouvernement baisse le pouvoir d'achat

La loi en faveur du pouvoir d'achat sera discutée à partir de demain par les députés. J'aimerais revenir sur la mesure principale, à savoir le rachat des RTT.

Ainsi, les RTT non consommés pourront être monnayés avec une majoration de 10%. J'avais exprimé des réserves sur cette mesure, précisant comment je l'aurais transformée pour qu'elle soit équitable et profite à tous. Mais il n'en a rien été, et de plus il a été précisé que ce dispositif ne sera pas obligatoire pour les employeurs. Comme ce sera finalement conditionné à leur décision, ces RTT non pris correspondent donc tout simplement à des heures supplémentaires.

On peut alors se demander pourquoi ils ne seraient pas majorés de 25%, comme le sont maintenant toutes les heures supplémentaires, après l'application de la loi Tepa (travail, emploi et pouvoir d'achat), issue du "paquet fiscal" voté cet été par le Parlement.

Je suis tombé sur un article sur le site du Nouvel Observateur qui parle d'un vote dans une usine Continental, qui doit avoir lieu pour savoir si les salariés décident du payement de certains de leurs RTT et du retour aux 40 heures hebdomadaires. Ce qui m'a interpellé est ce qu'affirme le directeur des ressources humaines de Continental:

"Le personnel sera appelé à se prononcer par référendum sur le rachat de deux à dix jours de RTT payés à 125% et pour effectuer des heures supplémentaires dans le cadre de la loi Tepa".

Ainsi, la loi déjà votée rend déjà possible la majoration de 25% des jours de RTT non utilisés !

C'est pourquoi la loi qui va être discutée, permettant de rachat des RTT va représenter une BAISSE DU POUVOIR D'ACHAT pour ceux qui auraient pu monnayer leurs RTT en utilisant la loi précédente.

Le gouvernement Sarkozy est-il en train de se moquer de nous ?

Nicolas Gaborit

13 déc 2007

Voyoucratie internationale

Quel est le point commun entre Kadhafi, Poutine et le régime Chinois ? Le non respect des droits de l’homme ? Certainement. La non liberté de la presse (pays classés respectivement 152ème, 147ème et 163ème sur 168 par Reporters Sans Frontières pour la liberté de la presse - http://www.rsf.org/article.php3?id_article=19318 ) ? Assurément. Nous pouvons finalement dire, en utilisant un terme cher à notre président, que leur point commun est une certaine voyoucratie internationale.
Mais dans l’actualité récente, leur point commun est Nicolas Sarkozy. Ce dernier a en effet effectué une visite en Chine en oubliant les droits de l’homme. Il a ensuite été le seul dirigeant de l’Union Européenne à féliciter Poutine des résultas des élections législatives. Enfin il accueille depuis ce lundi en visite officielle le général Kadhafi. Je vais revenir sur ces trois événements.

Tout d’abord la Chine. Nicolas Sarkozy a donc effectué une visite en Chine fin novembre. Ayant exclu de la visite sa secrétaire d’Etat des droits de l’homme, il a affirmé que pour la France le Tibet et Taiwan faisaient partie de la Chine. Les défenseurs des droits de l’homme apprécieront ! Même Georges Bush a été plus critique envers la Chine, en invitant et distinguant le Dalaï Lama fin octobre dernier !

Ensuite Poutine. Alors que les conditions dans lesquelles les dernières élections législatives se sont passées sont plus que douteuses (rappelons que plus de 99% de votants en Tchétchénie ont voté pour son parti), Nicolas Sarkozy a été seul dirigeant européen à l’avoir appelé pour le féliciter du score de son parti aux élections, alors que la plupart des pays occidentaux ont au contraire exprimé des inquiétudes sur les conditions de l’élection. Georges Bush, pour encore le citer, a même appelé directement Vladimir Poutine pour lui communiquer ses réserves. Enfin n’oublions pas qu’en 2006, suite à sa poignée de main controversée avec le président Bush, le candidat Sarkozy avait affirmé « mais moi, je ne serre pas la main de Vladimir Poutine ». Finalement Nicolas Sarkozy a fait à la fois ami-ami avec Bush et Poutine.

Enfin Kadhafi. Que dire de sa visite, sinon le célèbre « il ne fallait pas l’inviter » ? Avant de le recevoir cette semaine en voyage officiel, Nicolas Sarkozy lui avait dit «je suis très heureux de vous recevoir à Paris» lors du sommet UE-Afrique ce week-end dernier, et avait été par la suite désavoué par son propre ministre des affaires et sa secrétaire d’Etat des droits de l’homme, qui ne souhaitaient pas sa visite.
J’avais déjà dénoncé ( http://nicolasgaborit.typepad.com/blog/2007/07/ordre-internati.html ), à l’occasion de son voyage en Libye le fait que Nicolas Sarkozy s’affiche avec ce dictateur. Alors on dit qu’il a fait des progrès en matière de droits de l’homme. Mais je rappellerai que Kadhafi a cautionné la torture des infirmières bulgares, et qu’il avait déclaré à la veille du sommet UE-Afrique qu’ « il est normal que les faibles aient recours au terrorisme ». Peut-on faire vraiment confiance à un tel dirigeant ? Enfin, au second jour de sa visite, il a tout simplement humilié publiquement sur son sol le président Sarkozy le qualifiant de menteur, lorsqu’il a démenti avoir parlé avec lui de droits de l’homme, et faisant la morale à la France, ironiquement à juste titre, sur la situation des banlieues. La seule chose que Nicolas Sarkozy aura réussi à arracher de Kadhafi une timide condamnation des attentats d’Alger. Mais franchement, il n’aurait jamais du venir.

Alors comment justifier tout ça ?

Comment Nicolas Sarkozy, qui est si ferme vis-à-vis de la « voyoucratie des banlieues » peut-il être si conciliant vis-à-vis de la « voyoucratie internationale » ? Et bien notre président justifie cela par des contrats signés. Ainsi, l’argent prend le pas sur les droits de l’homme. Alors il est juste de négocier des contrats, car les entreprises Françaises ont besoin de contrat pour survivre face à la concurrence. Mais soyons pragmatiques, et interrogeons nous sur ces fameux contrats.
Je rappellerai, pour le cas Kadhafi quelques faits :

  • Sur les 10 milliards d’Euro annoncés, seul un contrat portant 300 millions aurait été signés. Et encore, il n’est même pas sûr qu’il ait été signé.
  • Malgré ça, nous ne sommes pas les premiers : les entreprises britanniques sont mieux placées en Libye que les sociétés françaises, alors que Kadhafi n’a pas été reçu par Tony Blair.
  • Certains contrats portent sur de l’armement. Ne voit-on pas le danger à fournir des armes à un tel régime ?
  • Certains contrats n’appartiennent pas uniquement à la France. Je veux par exemple parler d’Airbus qui est un consortium européen. Ainsi se féliciter de contrats signés avec la France est démagogique.
  • Enfin, ces contrats ne garantissent pas toujours du travail pour les salariés Français, car certains sont délocalisés. Donc se féliciter de l’apport de ces contrats aux usines françaises est là encore démagogique.
  • Finalement, ce n’est pas le président qui signe les contrats, mais les entreprises. Le rôle de Nicolas Sarkozy n’est donc évidemment  pas direct.

Ainsi Nicolas Sarkozy, qui prônait la rupture avec en matière de politique étrangère, fait finalement la même chose, et même en pire, que son prédécesseur Jacques Chirac, rencontrant dictateur sur dictateur ,en jouant au commercial, faisant croire que cela rapporte des milliards d’Euro à la France.
Enfin, il est dommage que les jeunes de banlieue responsables des violences n’aient pas d’argent à proposer pour signer des contrats. Peut-être que le président Sarkozy aurait pardonné leurs actions et les aurait reçus à l’Elysée.

Nicolas Gaborit

11 déc 2007

Manipulation médiatique (suite)

Je reviens sur mon article précédent, dénonçant une dépêche de Reuters prêtant à Ségolène Royal des propos qui n'étaient pas les siens. La mobilisation citoyenne sur Internet aura été rapide et importante, félicitons-nous de ce résultat.

Mais il aura fallu tout de même 24 heures pour que Reuters corrige sa dépêche. Et entre temps le mal a été fait: les sites du Nouvel Observateur, du Monde, de Challenges, du Figaro, d'Europe1, de RMC, le journal Métro, et LCI ont relayé l'information. Et surtout aucun grand média à ma connaissance n'a dénoncé cette erreur d'information. A ce sujet je salue l'article du site Arrêt sur Images, que j'avais contacté après avoir découvert la dépêche, sur ce sujet ( http://arretsurimages.net/post/2007/12/10/Quand-Reuters-invente-un-que-oui-dns-la-bouche-de-Royal ).

Mais voici la fameuse "correction":

Ségolène Royal et le rôle du PS dans la course à l'Elysée

Bien lire dans notre dépêche transmise dimanche 9 décembre une correction au 2e paragraphe, à savoir omettre entre parenthèses. Une version corrigée et actualisée suit.

Ségolène Royal est restée vague dimanche sur le rôle qu'un parti politique, en l'occurrence le PS, joue pour gagner l'élection présidentielle en France.

Interrogée sur le point de savoir si on pouvait gagner une élection présidentielle "sans avoir le parti derrière soi", l'ex-candidate socialiste à l'Elysée n'a pas répondu directement et a déclaré, sur Canal+ :

"Je pense, et l'expérience vient de le montrer, qu'il faut une très grande cohérence entre l'organisation politique, c'est aussi un travail de longue haleine (...), beaucoup de modestie, d'humilité".

"C'est comme cela que je compte m'engager", a souligné Ségolène Royal, qui n'en a pas dit plus sur ses intentions dans les prochains mois, notamment sur la question de savoir si elle briguera la succession de François Hollande à la tête du PS.

"Je m'inscris à la fois dans le Parti socialiste et aussi en dehors du Parti socialiste", a-t-elle simplement ajouté.

Alors en effet, les propos qu'on lui inventait (le fameux "(que oui)") ont été supprimés, mais sa réponse a été tronquée. Alors évidemment "Je pense, et l'expérience vient de le montrer, qu'il faut une très grande cohérence entre l'organisation politique, c'est aussi un travail de longue haleine (...), beaucoup de modestie, d'humilité" ne veut pas dire grand chose.

Mais je rappelle la réponse complète: "Je pense, c'est une très bonne question, et l'expérience vient de le montrer, qu'il faut une très bonne cohérence entre une organisation politique, il faut aussi un travail de longue haleine, il faut redevenir une force attractive pour les intellectuels, pour les experts. Il y a un potentiel d'élus de terrain exceptionnel, chez les socialistes, avec des gens qui font beaucoup de chose sur le terrain et qui a pas beaucoup de visibilité, donc il y a ce travail là aussi à faire. Il faut de l'imagination, il faut beaucoup de travail, beaucoup de modestie aussi, d'humilité, et c'est comme ça que je compte m'engager."

Alors évidemment on ne va pas toujours conserver la totalité d'un propos dans une dépêche, car cela peut faire parfois trop long. Mais le travail d'un journaliste n'est-il pas de faire des choix de manière objective ? Car ici c'est toute la substance de la réponse de Ségolène Royal qui a été purement et simplement supprimée. Car finalement sa réponse était qu'elle s'engageait à travailler à rendre le Parti Socialiste à nouveau attractif et audible.
Je rajoute que le dernier paragraphe est même inexact, car elle n'a pas ajouté ce propos par la suite, mais elle l'avait dit avant en répondant à la question précédente.

Si j'avais été un journaliste honnête, je pense que j'aurais écrit: Ségolène Royal a répondu à la question en disant qu'elle comptait s'engager à ce que le Parti Socialiste redevienne "une force attractive", et rendre visible "un potentiel d'élus de terrain exceptionnel" en le faisant avec imagination, modestie et humilité.

Mais voila, la correction de la dépêche, même si plus proche de la réalité (car en effet elle ne répond pas directement à la question), me semble encore être très discutable.

Plus que jamais, nous devons continuer à être vigilants sur l'information véhiculée par les médias, et dénoncer toute désinformation et manipulation. A suivre...

Nicolas Gaborit